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L’événement Bene : théâtre, voix, cinéma (Lille, en ligne)

L’événement Bene : théâtre, voix, cinéma (Lille, en ligne)

Publié le par Marc Escola (Source : Melinda Palombi)

Université de Lille 

Laboratoire de recherche CECILLE 

Journée d’études, en distanciel, 7 octobre 2025 

L’événement Bene : théâtre, voix, cinéma 

Cette journée d’études vise à examiner l’oeuvre de Carmelo Bene à travers une analyse qui mette en évidence le caractère subversif et novateur de sa poétique. En tant qu’acteur, metteur en scène et auteur, Carmelo Bene a constamment remis en question les notions traditionnelles, à commencer par le concept de représentation, redéfinissant ainsi l’espace théâtral, l’utilisation de la voix et le concept d’identité. Ainsi, l’opération artistique de Bene défie les limites du langage et redéfinit le statut de l’oeuvre d’art à l’époque contemporaine. Sa vision du théâtre comme « [...] l’al di là delle forme, l’uscir dal modo » (C. Bene, Che cos’è il teatro ?!) exprime une réflexion profonde sur le sens de l’art théâtral, qui ne se limite pas à la représentation mais devient un événement impossible à reproduire et déstabilisant. C’est pourquoi il nous semble intéressant aujourd’hui encore de nous interroger sur la manière dont Carmelo Bene analyse, déconstruit et repropose ces aspects dans une nouvelle perspective. On pense à la technique d’écriture scénique de Bene, que Lorenzo Mango décrit comme un « processus de déconstruction dramatique » :

La scrittura scenica è, per Bene, una scrittura del disordine, uno strumento per giungere al collasso formale, o addirittura allo sgretolamento, dello spettacolo. Lo stesso Bene parla di uno squartamento del linguaggio [… ] La scrittura, dunque, si fa di-scrittura, scrittura che nega la sua forma, che corrode anziché costruire. Si tratta, dunque, di una scrittura in sottrazione, di una scrittura in perdita, che agisce come elemento perturbatore, e al tempo stesso costruttore, del dramma (L. Mango, La scrittura scenica).

Partant de cette prise de conscience, la journée d’études se propose d’explorer dans quelle mesure l’art de Carmelo Bene est un acte de critique et de négation, où la recherche esthétique et le geste théâtral se heurtent aux conventions du théâtre traditionnel. La réflexion portera sur une esthétique de la soustraction qui se manifeste dans la réécriture obsessionnelle des textes, dans le repositionnement de l’acteur comme principe et moteur de la scène, et dans le dépassement de la dramaturgie conventionnelle.

L’opération esthétique de Carmelo Bene commence par une prise de distance avec l’acteur contemporain. Carmelo Bene a toujours souligné les limites de la pratique de l’acteur contemporain :

« Il mio disprezzo per l’attore contemporaneo è qui: nella sua tanto ricercata incapacità di mentire, nel suo elemosinare una sciagurata attendibilità; nella sua ormai troppo provata incapacità di rimettere in gioco ogni sera il modo stesso di far teatro; nel suo terrore imbecille d’autoemarginazione; nel suo noioso cicalare di ‘crisi del teatro’ e perciò mai tentato abbastanza dal valzer d’un teatro della crisi; nella sua tecnica (e se mai così può definirsi un limite penoso) esclusivamente maschia » (C. Bene, La voce di Narciso).

Dans cette perspective, Bene propose un théâtre qui rejette l’idée de vraisemblance, abordant l’art théâtral comme un événement qui existe en dehors de la mimesis traditionnelle et de la fiabilité scénique.

La journée d’études s’articulera autour des axes thématiques suivants :

Le théâtre comme événement : la remise en question des conventions traditionnelles de représentation, le rejet de la mimesis, la redéfinition du rôle de l’acteur et l’utilisation de la dramaturgie classique, en mettant l’accent sur la dimension performative du théâtre en tant qu’événement unique et non reproductible.
Carmelo Bene et l’avant-garde : l’intérêt de Bene pour l’avant-garde historique et la néo-avant-garde italienne. Sa relation avec les expériences littéraires et théâtrales néo-avant-gardistes qui ont eu lieu en Italie à partir de la fin des années 1950. En partant de cela, sa conception d’un théâtre qui défie toute intention représentative, le lien avec la pensée de personnalités telles que Marinetti, Dalì, Artaud et Meyerhold et le concept de « non-acteur » en tant que figure qui subvertit le rôle traditionnel de l’interprète.
Cinéma et littérature : l’intérêt et l’approche de Bene pour le cinéma en tant que langage autonome et expérimental, la relation entre l’image et le mot, et le montage en tant que pratique de re-signification. La pratique littéraire de Bene, en particulier l’analyse de ses oeuvres des années 1960 dans le contexte littéraire italien de ces années. L’influence de la littérature italienne et internationale sur son travail, avec une réflexion sur ses interventions sur les textes de Manzoni, Shakespeare, Sade et d’autres auteurs.
Le corps et la voix : la relation sujet-corps. L’expérimentation vocale comme élément fondateur de la poétique de Bene, dans laquelle la voix se détache de sa fonction expressive pour devenir un élément autonome, un véhicule de questionnement du sujet et de critique des conventions théâtrales.

Les chercheurs souhaitant participer sont invités à envoyer un résumé (300 caractères max., espaces comprises), accompagné d’une brève biographie, au plus tard le 20 mai 2025 à luca.salza@univ-lille.fr; cristian.invidia1@gmail.com.

Les résultats de la sélection seront  communiqués au plus tard le 20 juin 25. Les communications sélectionnées seront ensuite publiées dans un ouvrage collectif. 

La conférence se tiendra en distanciel sur la plateforme Zoom. 

Pour plus d’informations, veuillez contacter Cristian Invidia et/ou Luca Salza.