Actualité
Appels à contributions
Vacances Métropolitaines. Histoire et devenir des lieux de vacances et de loisirs en Île-de-France (Paris)

Vacances Métropolitaines. Histoire et devenir des lieux de vacances et de loisirs en Île-de-France (Paris)

Publié le par Marc Escola (Source : Valérie Foucher-Dufoix)

Vacances Métropolitaines. Histoire et devenir des lieux de vacances et de loisirs en Île-de-France

Appel à communications pour deux journées d'études les 17 et 18 juin 2025 à l'ENSAPB (75019 Paris)

Les « crises » que nous traversons et la restriction des mobilités liée à la pandémie ont rappelé que les vacances ne se résument pas au tourisme international et à son industrie. Les flux touristiques internationaux ont longtemps masqué l’importance du tourisme domestique et des mobilités vacancières et de loisirs en milieu métropolitain de résidence, sur des sites variés : bases de loisirs, parcs et forêts, plages urbaines, colonies et centres de vacances, etc. Ils ont ainsi occulté le rôle du (non)départ en vacances comme marqueur social et facteur d’inégalités.

L’hypothèse du programme de recherche VacMet (2023-2025), financé dans le cadre du programme «Amorçage» de l’Université Paris-Est (voir descriptif en ligne), est que les vacances et les loisirs dans les espaces de proximité constituent une entrée féconde pour penser l’enjeu écologique de maîtrise des mobilités carbonées d’une part, la nécessité de l’accès aux vacances et aux loisirs pour le plus grand nombre d’autre, et la mutation, voire la disparition, de certains types de lieux de vacances et de loisirs suite à la crise touchant le tourisme social depuis les années 1980.

Cette transformation, voire la disparition de l’utopie concrète d’un « droit aux vacances », inquiète de nombreux acteurs : des pouvoirs publics aux travailleurs sociaux, des collectivités territoriales aux architectes du patrimoine, etc. Ces inquiétudes se traduisent à l’échelle nationale par la publication de travaux parlementaires et académiques (sur les colonies de vacances, les villages de vacances, les centres aérés notamment), prouvant à la fois un intérêt croissant pour ces lieux et ces patrimoines parfois en danger, et la perception d’un enjeu majeur autour de leur histoire, de leur évolution et de leur devenir.

Les lieux de vacances et de loisirs en Île-de-France constituent aussi un objet d’étude permettant de penser les évolutions de l’aménagement métropolitain et des pratiques sociales du temps libre. Depuis les grands plans d’aménagement du XXe siècle jusqu’aux nouveaux enjeux liés à la transition écologique et aux transformations des pratiques touristiques, ces espaces sont l’occasion d’interroger l’articulation entre production urbaine et politiques publiques, pratiques sociales et imaginaires des loisirs.

Dans le cadre de ces deux journées d’étude, nous proposons d’explorer les « vacances métropolitaines » en Île-de- France sous trois axes :

Axe 1. Penser et planifier les loisirs en Ile-de-France

La nature et les lieux de vacances ont été un enjeu important des politiques d’aménagement en Île-de-France au XXe siècle, si l’on se réfère à l’attention portée à la constitution d’une banlieue « verte » par la préservation et consolidation d’espaces naturels existants et à la politique volontariste d’équipements de plein air et sportifs engagée dans l’après-guerre. Cet axe explore l’histoire des lieux et des politiques du temps libre, en analysant les motivations et finalités mises en avant par les institutions ou les particuliers à l’origine des lieux de vacances, ainsi que les temporalités de mise en œuvre des divers aménagements. Il s’intéresse aussi bien aux lieux de loisirs de proximité– guinguettes des bords de Marne et de Seine, jardins publics, promenades aménagées, d’abord spontanés puis régulés, annonçant les politiques d’aménagement du XXe siècle – qu’aux infrastructures telles que les plages suburbaines, colonies et villages de vacances, centres aérés et bases de plein air et de loisirs (BPAL). Les contributions peuvent porter sur :

L’évolution de la planification urbaine en Ile de France, depuis le Plan Prost (1934), envisagé tant du point de vue théorique que pratique, en éclairant ses retombées concrètes : aménagement des espaces naturels, des zones de vacances et de loisirs, etc.
L’histoire particulière des lieux, qu’ils soient emblématiques – comme le Parc métropolitain de La Courneuve ou les grandes bases de plein air telles que Vaires-Torcy – ou a contrario plus discrets ou récents – comme les plages urbaines ou les ports de plaisance.
L’histoire des lieux de loisirs de proximité au XIXe siècle, incluant les guinguettes, les jardins publics, les promenades aménagées et l’apparition des premières infrastructures de loisirs accessibles à une population élargie.
L’histoire des processus de mise en valeur des paysages et du patrimoine « périphérique » et l’émergence et l’évolution des politiques touristiques en Île-de-France.
 
Axe 2. Représentations et imaginaires des vacances et loisirs métropolitains

Ce second axe s’intéresse aux imaginaires, aux représentations et aux récits qui façonnent les pratiques et les politiques des vacances et des activités de loisirs en Île-de-France, adossés aux imaginaires et aux valeurs du proche et de la proximité, et aux échelles géographiques de la région ou de la métropole. Plusieurs entrées sont envisageables :

L’examen des référents mobilisés par le marketing territorial (des acteurs publics comme privés) : renouvelle-t-il les valeurs associées à la proximité, ou contribue-t-il à reproduire des couples d’opposition de la mobilité versus l’ancrage voire mobilité versus proximité ?
L’exploration des images et imaginaires liées à la dimension « domestique » des vacances près de chez soi, voire du non-départ à travers les formes d’« immobilités » subies,
L’évolution des imaginaires des vacances et des loisirs métropolitains par des contributions portant sur les vacances et loisirs dans les revues d’architecture et d’urbanisme par exemple, ou encore les représentations des espaces récréatifs et touristiques dans les productions médiatiques et culturelles.

Axe 3. Pratiques, droits, et enjeux contemporains des espaces de loisirs en Ile-de-France

Les pratiques des loisirs et vacances en Île-de-France sont aujourd’hui traversées par de nouveaux enjeux qu’ils soient sociaux, environnementaux ou réglementaires. Ce dernier axe invite à réfléchir sur ces évolutions des usages et appropriations des espaces récréatifs métropolitains par des contributions portant sur :

Les mutations des équipements dans les formes et typologies des lieux, dans l’analyse des cycles de vie des lieux de vacances et de loisirs (îles de loisirs, parcs d’attraction, villages vacances) et la transformation des modèles (obsolescence et abandon pour des friches ou réaffectation d’usage vers des programmes immobiliers, ou conservation du bâti à des fins de patrimonialisation...),

Les évolutions de l’offre vacancière : affaiblissement du tourisme social, marchandisation des offres et segmentation des espaces, notamment ceux dédiés au plus grand nombre, et la remise en question des politiques des droit aux loisirs, à la nature avec des enjeux d’accès. Partant, c’est aussi l’analyse des principaux acteurs de cette offre : gestionnaires aux pouvoirs publics, des collectivités territoriales, architectes et promoteurs,

Les pratiques métropolitaines dans les couronnes franciliennes, avec la place du paysage et des dispositifs pédestres (sentiers métropolitains) qui traversent les zones périphériques assemblant patrimoine naturel et bâti ; les espaces et les formes de baignade (sauvage, aménagée...).

Modalités pratiques

Cet appel est ouvert à toutes disciplines et tous types de communications et d’acteurs de la recherche, des doctorants aux chercheurs confirmés. La langue des journées d’études est le français.

Les propositions sont à envoyer à vacmet2023@gmail.com avant le 30 avril 2025. Elles doivent inclure : un titre (provisoire), un résumé de 2000 signes (max), et une notice bibliographique (du/de la/ des intervenant/e/s).

Les notifications d’acceptation seront adressées début mai 2025.

Comité d’organisation

Valérie Foucher-Dufoix et Catherine Blain (IPRAUS - ENSA Paris Belleville), Gwendal Simon (LVMT- Université Gustave Eiffel) et Tifawt Loudaoui (AMUP - ENSA Strasbourg).